Genouvrier
Les voyelles à double timbre
En se limitant à des indications sommaires, on peut remarquer que les
règles suivantes sont généralement suivies( ...... )
En syllabe accentuée
En syllabe inaccentuée
[é]-[è]
- A la finale absolue : la voyelle est fermée quand elle est orthographiée é (fermé), ez (nez), ed (pied), ef (clef) ou er (chanter) ; elle est ouverte dans les autres cas (mais, abcès, raie, forêt) (1).
- Devant consonne prononcée . la voyelle est toujours ouverte (bec, messe, verre, bête).- La voyelle tend à se fermer (pétition, beffroi).
- Elle est ouverte devant la graphie rr (serrure), devant un groupe de consonnes prononcées (lecture, texture) et quand elle est orthographiée ai (paisible), ei (reinette),ê (bêtement) ou è (sèchement).
(1) Selon la norme, la graphie ai doit être prononcée [é] dans les formes verbales (parlai, parlerai) ; on observe alors une opposition phonétiquement pertinente entre les premières personnes du singulier du futur simple (parlerai : [é] et du conditionnel présent (parlerais [è]; cette distinction n'est pratiquement plus observée.
Pour prudentes qu'elles soient, ces indications sont parfois remises en cause, notamment quand la prononciation de certains mots est troublée par des facteurs extérieurs (par exemple, l'analogie : nettoyer se prononce avec un [è] ouvert, comme net,' ou encore les exigences de l'harmonie vocalique : le mot aigri devrait se prononcer [ègri], mais le [i] qui le termine, étant une voyelle très fermée, tend à fermer la voyelle qui le précède, et la prononciation devient [égri]). On ne saurait donc trop conseiller à l'usager dans le doute de se reporter aux ouvrages que nous avons indiqués ci-dessus.
p.58 59
E.Genouvrier, J.Peytard - "Linguistique et enseignement du français " Larousse 1970(NB Nous avons remplacé ici aussi les signes de l'alphabet phonétique par les lettres habituelles)