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De l'écrit à l'oral , courage !
Contre les sauvageons du phonogramme

Chez Leclerc

Pantalon est un mot en or pour les champions des méthodes alphabétiques-syllabiques d'apprentissage de la lecture :
       un graphème ----------- un son
       p-an--t-a--l-on
Les phonogrammes (graphèmes indiquant un son) se combinent comme à la manoeuvre.
       p-a--p-a          t-on--t-on            p-a--t-a--p-on
Ca ravit des réactionnaires. Ces jeux naïfs et poétiques furent le prélude, sous la clarté de la lampe, à leur accomplissement scolaire. Ils s'en souviennent comme si c'était hier. C'est la madeleine essentielle. Et, comme ce sont des êtres humains, ils veulent partager aujourd'hui la madeleine essentielle (et ensuite le latin-grec), avec les sauvageons. Ils sont touchants.
      p-ont
Evidemment, dans la réalité, les lettres " muettes " sont apparues très vite, il n'y a pas de rose sans épines. Mais les souvenirs sont déjà moins précis. Après la grosse émotion du début, le temps d'incorporer sans excès épistémophiliques les savoirs de la tribu est venu. Le temps de l'enfance, le temps de latence. Tout le temps nécessaire pour apprendre, à bon rythme de croisière, jour après jour, les utiles signifiants : pont , ponton , pontonnier , ...pont-l'évêque. Il suffit de rester sage. C'est le premier commandement. L'orthographe est " la meilleure des disciplines " .
En fait, un phénomène équivalent au t de pont est déjà présent dans le an de pantalon, puisqu'il existe un autre (an) dans l'écriture, le en qui fait (an). Ce n'est pas une complication inutile, disent les spécialistes, car c'est
une excellente opportunité pour lutter contre les homonyme ( " une des rares imperfection du français parlé ", selon Thimonnier ( " code orthographique et grammatical "-Marabout 74- p.29)
      ex : en l'an 2000 ;
Il sert lui aussi à la culture attentive des " familles de mots " avec leurs " airs de famille ":
      - pendule, penderie       - pantalon, pantalonnade .
Grâce à l'orthographe, on entretient cette fois le culte des ancêtres. L'orthographe est un ordre sacré et un monument.
Toutefois, il faut vivre dedans.
Les raisons étymologiques qui font choisir l'un ou l'autre (an) restant le plus souvent inconnues du profane, et les raisons distinctives tout autant. Penser / panser est une merveille évidente de discrimination ; mais pension , panthéon , pentathlon , pan-bagnat ?...de quel ordre profond sont-il l'expression ? Qui nous répond à l'instant ? On peut déjà constater que l'acquisition du système n'exige pas sa compréhension. La règle d'obéissance est primordiale, et la " mémoire procédurale " favorisée, celle des automatismes et du par coeur, infiniment supérieure pour ces tâches à la " mémoire sémantique ". Il semble même que ce ne soit pas la même localisation cérébrale. Question de don ? En tout cas, dans une bonne ambiance socio-affective, le moteur tourne rond et les réflexes sont vite acquis : en , an ------>(an).
Arrive en ----->(in) : "Les lycéens ont encore manifesté " ; c'est justement parce que le niveau monte ; "Lycéens, han, han ! ", même les CRS ne s'y trompent plus.
Le " chien " de la maison, quant à lui, continue à consommer tranquillement ses croquettes : ien est tellement
employé qu'il a l'allure d'un bloc sonore, d'un phonogramme selon les " notions fondamentales " ;
mais ce n'en est pas un puisqu'il indique deux phonèmes différents    i-en ----->(y)(in) . A ce point du dressage, tout le monde s'en fout, l'esprit critique a disparu dans les limbes. Et, au final, c'est sans hésiter une seconde qu'on ne confond pas chien et chiant. En période de prospérité économique, les chiants sont chez le pédopsychiatre, les raisonneurs consciencieux travaillent double, ils sont scotchés à leur table à ces tâches mécaniques, tenus éloignés des désordres adolescents. C'est le meilleur des mondes...
C'est à ce moment qu'il faut se méfier de chienlit, vieux mot redevenu incontournable dans la culture générale.. Mais pas tous les ans quand même !
Plus on lit, plus on lit vite. C'est un truisme. Pour comprendre comment le cerveau s'y prend, on peut être tenté de dépasser l'observation empirique. Des chercheurs en effet ont osé. Ce qu'ils ont constaté, c'est que pour lire efficacement, il faut se débarrasser le plus possible de la syllabation. Tiens donc !... Quand on est bon lecteur, on reconnait la " figure des mots " et la structure grammaticale de la phrase d'un coup d'oeil. C'est à quoi sert cette multitude d'indices graphiques sans rapport avec l'oral : espaces entre les mots, ponctuation, familles, lettres grammaticales, différenciations des homonymes ...inventés petit à petit au cours de l'histoire par les " scribes " ; en tâtonnant beaucoup, et c'est leur mérite ; mais jamais sans réflexion : ils n'étaient pas plus bêtes que nous. Cette histoire, que des savants reconstituent, est passionnante, pas moins que celle des batailles ou du progrès économique et social
L'important à comprendre, c'est qu'on peut passer aujourd'hui directement de l'écriture au sens. Ce qui constitue un avantage considérable pour transmettre les savoirs. L'invention n'est pas moins considérable que celle de la machine à vapeur, car il est toujours bien plus efficace de lire pour s'instruire que de regarder la télévision.
On a tiré aussi de ces connaissances des technologies d'entrainement à la lecture rapide qui semblent assez efficaces quand cette capacité à consommer du texte à toute vitesse est vitale dans la concurrence intellectuelle.
Un bon lecteur rapide ne se remet à épeler, en " subvocalisant " discrètement, que lorsqu'il a affaire à un mot difficile, voire inconnu ; avec tous les risques que cela présente toutefois pour le dire à haute voix. Ainsi, presque tout le monde prononce avec le son [eu] le mot " gageure" qui doit se prononcer ga[ju]re, parce que ce mot ne fait pas partie du langage habituel et que les nouveaux lettrés qui ont pris " l'ascenseur social " l'ont découvert dans les livres. De même, l'autre matin, sur France inter, après la fameuse tempête, une dame se plaignait auprès d'Alain Rey de la façon dont elle entendait trop souvent sur les ondes prononcer " conchyliculture ". Mais Alain Rey ne promettait pas que l'usage futur respecterait forcément le grec. Le même Alain Rey, dans le Petit Robert, dont il est le chef, indique pour " gageure " : " critiqué, mais fréquent (( gag(eu)re)) ". C'est le Petit Robert de 96. La réforme académique de 90 proposait, elle, plus rigoureusement, " gageüre " ... que le Petit Robert a méprisé ; Alain Rey serait-il un sauvageon ? Il est vrai que les dictionnaires, depuis quelques années, en prennent un peu à leur aise. Mais que dire de l'Académie avec cette réforme qu'elle a osé commettre ? C'est la chienlit qui continue ...
Qu'on nous redonne Richelieu!... Au moins Chevènement .
Quoi qu'il en soit, malgré cette complexité, tout le monde arrive à lire (on ne parle pas d'analphabétisme dans les pays développés, mais d'illettrisme). Et même à " lire des yeux ", au moins les informations qui concernent chacun.
Mais écrire est une autre aventure.

i li mè i lècripa pourcoua ?

Ce n'est pas la peine d'épiloguer davantage. Ainsi qu'on a vu, on n'écrit pas comme on parle. Il ne suffit pas de syllaber.
" Tout ce qui se prononce doit s'écrire ", disait Thimonnier (code orthographique, p 51), mais la réciproque n'est pas vraie. Il en résulte (pas besoin non plus de beaucoup épiloguer) que l'écriture est essentiellement inégalitaire. Nous ne dirons pas que c'est fait pour. Disons que cela ne nuit pas à l'ordre social. C'est la " lisibilité " que les " inventeurs " au cours des siècles ont visée, au fur et à mesure que l'écriture n'a plus été, après l'invention des alphabets ...phonétiques, un simple aide-mémoire de la parole orale. Mais on pouvait écrire sans trembler ; les lettrés admettaient entre eux une certaine laxité. L'instruction de masse à liquidé la tolérance, mais elle a heureusement conservé l'outil qui la permettait dans une oligarchie. Les travaux de Nina Catach l'ont prouvé, notre écriture n'est pas coupée de l'oral. Il semble même que toutes les écritures, dans le monde et dans l'histoire, tendent à être des " polysystèmes ", mélange, en proportions variées, de signaux de sens direct et d'autres qui sont les substituts visuels des sons de la langue parlée. Le choix de la proportion est une question politique.
Lorsqu'on n'a pas atteint le stade idéographique de la lecture accomplie, on peut trouver encore suffisamment d'indices de sons pour " se parler " la phrase et la comprendre, en tâtonnant un peu dans le sens de l'histoire racontée. Nous ne disons pas que c'est la seule stratégie de lecture employée par un petit lecteur ou un illettré, mais c'est un recours possible, et de fait il l'utilise.
C'est un acquis démocratique. Mais il est biaisé, et on ne fait pas grand chose pour corriger.

il lit mais il n'écrit pas
Nous répétons l'information, plus près de l'écrit, pour enfoncer le clou. La " société civile " et l'Etat font assez de bruit de leur côté en faveur de la lecture. L'Etat, on comprend pourquoi (" véhiculaire, disciplinaire ") ; mais ces milliers de braves gens qui contribuent bénévolement à renforcer la dissymétrie inhérente au système en paralysant de ce fait un peu plus la " communication " entre le haut et le bas de la société, que font-ils dans cette galère ? Qu'on aide à la lecture en état d'urgence, ça va de soi ; c'est une action humanitaire. Mais que ce soit sans jamais affronter le fond de la question inégalitaire, il y a de quoi méditer Bourdieu.
Reprenons où le bat blesse, où l'angoisse politique, la seule qui mérite notre respect, est palpable.
Thimonnier comptait sur l'écriture pour " stabiliser la prononciation "(p 28 29). Il professait que, pour parler correctement, il fallait se " représenter mentalement le mot écrit "(p 101). Agréable perspective de la conversation ! Mais l'idée avait de la cohérence, une grandeur spartiate et un parfum démocratique. C'est râpé de toute façon :
les propos des notables et des intellectuels sont pleins aujourd'hui de " ifaut " et " chais pas ". " Ya qu'à " les écouter pour se laisser convaincre que les " fautes de français " ne sont plus une de ces tares de la misère dont on ne s'échappe qu'en prenant l'ascenseur social. Le français continue d'évoluer. Ipso facto, la coupure entre l'oral et l'écrit traditionnel se précise. D'autres civilisations ont connu ça. Et " le peuple tout entier " commence à s'en apercevoir.
C'est exactement au début de cette prise de conscience, dans l'après 68, entre désillusions libertaires et souci de préserver les positions de classe conquises, que Foucambert a fait son tour de piste chez le mammouth.
Foucambert, sur qui tire un de ces auteurs à succès qui s'emploient actuellement à convaincre le peuple qu'il y aurait eu jadis un âge d'or où tout le monde écrivait en bonne orthographe. Grâce aux méthodes syllabiques, bien sûr! Que les vilaines méthodes " globales " auraient dévastées. Pauvre Foucambert victime de son monde virtuel !
Foucambert, ingénieur maison de l'Education Nationale, avait en effet, il y a vingt ans, remis en valeur et en actes l'idée des méthodes " globales " en s'inspirant des recherches savantes évoquées plus haut. Pour les démocratiser, croyait-il. Son raisonnement en soi n'était pas stupide : puisque, pour devenir bon lecteur, il faut se débarrasser de la syllabation, pourquoi prendre, en débutant, de mauvaises habitudes ? Comme pour le ski : il faut arrêter d'enseigner aux débutants le virage " chasse-neige " dont ensuite on aura toutes les peines du monde à éliminer les réflexes parasites pour skier vite et bien. De toute façon, ceux qui deviennent bons lecteurs et bons scripteurs ont dû, à un moment ou à un autre, opérer une rupture avec l'oral, pour s'installer dans cet autre monde du langage.
Mais le ski est une chose et la lecture une autre. Pour le ski, on sait en effet enseigner mieux. Pour la lecture, on n'a jusqu'à présent trouvé aucune méthode active fiable et codifiable que les " opérateurs " de l'Education nationale auraient pu utiliser pour lutter efficacement contre l'illettrisme . Ils n'ont eu droit qu'au mot " global " employé comme pub' sur les manuels. Les méthodes devenaient toutes " semi-globales " comme le pâté d'alouettes ; et aujourd'hui, c'est à cause d'elles qu'on taille des costards aux quelques enseignants qui ont vraiment travaillé à essayer de changer un peu quelque chose. Mais c'est un scandale, puant d'hypocrisie et de lâcheté !
Le seul résultat prévisible du foucambisme, avec du discours de gauche en veux-tu en voilà, aurait été d'entériner l'éloignement grandissant de l'oral vivant (toujours vivant) de l'orthographe établie. C'était une politique de gribouille : pour échapper à l'injustice de l'inégal accès à la communication écrite, on acceptait que l'écriture soit un monde séparé. Plus besoin alors de l'adapter ou de la simplifier ; et plus besoin d'enseigner aux enseignants les pièges et les difficultés ...du syllabisme, c'est à dire le b,a ba de la linguistique appliquée à leur métier.
La réalité prévisible d'une coupure entre l'oral et l'écrit, ce n'est pas davantage de " lecture rapide ", mais encore plus de " mémoire procédurale " (de par coeur coranique) décorée d'explications bidon ou imbitables ; et le renforcement de " l'injonction contradictoire ", schizophrénique, éternellement assénée au bas bout de l'échelle sociale : écoute bien Benoït, on t'explique ; et surtout avale tes leçons le soir comme ton petit camarade Benoît ( on " t'aide " !). Mais Benoît, lui, pour avaler et digérer ses leçons sans indigestion, se garde bien de trop chercher à comprendre. Le monde, incontestablement, gagne en efficacité à être peuplé d'opportunistes. On peut appeler ce double discours une éducation.

Et comment donc qu'il faut espérer qu'on n'abandonnera jamais le syllabisme ! C'est la garantie que l'écriture française ne deviendra pas " du chinois ". C'est une garantie, pour tous ceux qui n'iront pas au bout de l'instruction, qu'ils pourront toujours se raccrocher aux branches du " polysystème ", pour lire, certes, mais aussi écrire des messages urgents (" Omar m'a tuer "). Et qui pourront profiter bientôt (c'était inespéré) des correcteurs orthographiques que nous offre le libéralisme. L'école les interdira comme les calculettes, mais il n'y pas que l'école dans la vie. Une faute " proffesionnelle " sur un gâteau regarde le syndicat ; la démocratisation de la communication informatique regarde la " résistance socioculturelle ".
Oh oui, le syllabique ! Mais pas ses génuflexions. Tout le monde a le droit de connaitre le fond du problème. Il faudra l'affronter de toute façon, puisque " l'histoire n'est pas finie " ; elle continue dans ce domaine de bouleverser les habitudes de chacun, exactement comme l'ont prédit les linguistes.

" Conchyliculture ", c'était la splendeur du latin-grec, ces mots qu'on a du mal à apprendre et à prononcer, mais qui offrent un tel plaisir raffiné aux joueurs de scrabble dans les séjours du 3e âge. Comment écrit-on " lumbago " ? A la fin des fins, l'Académie a pris le taureau par les cornes et décidé qu'on écrirait lombago, de la famille lombes, lombaire, lombalgie (dans la famille " grabataire ", cherchez le grand-père !) Mais le Petit Robert a gardé " lumbago, var; lombago ". Nous venons d'expliquer que le petit monde des dictionnaires a conquis récemment sa liberté. Les conséquences sont redoutables.
Car pour l'orthographe des mots étrangers, les Académiciens, de toute ...éternité, avaient choisi de respecter le latin-grec ; et fait semblant de respecter les autres langues. Mais foin d'exotisme, voici l'Amérique triomphante. L'Académie, vu l'enjeu qui n'est plus seulement de discipliner le peuple qui s'instruit, prend peur et tente de résister. On ne dira pas bulldozer, on choisira un mot bien français : " bouteur " ; de " bouter " ... l'anglais hors de France. Plus ignorant en linguistique, tu meurs ! C'est ce qui est en train de se passer.
Il parait qu'aujourd'hui elle se rabat sur " bouldozeur ", avec un suffixe bien français et un radical en bons graphèmes. Trop tard, trop tard ! Empêtré dans ses vieilles traditions (que Duneton, dans un livre récent, dénonce avec véhémence), elle adoptera en même temps, en état de panique: cutteur, thrilleur, freezeur, leadeur (le Petit Robert garde er, prononcé comme ci ou comme ça) , holdup, checkup, funky, pinup, underground ; et callgirl, cornflakes, pacemakeur, milkshake ; et newlook, snowboot, scooteur, crooneur,waterproof ... microordinateur... non, on plaisante. Mais cela permet de montrer où mène la chienlit : à la confusion totale dans un système qui permettait bon an mal an de ... syllaber.
Dans les supermarchés, c'est la marée noire des mots globaux. Il faut bien acheter son teeshirt avec son pantalon. C'est la " lecture globale " qui guide le client ; heureusement, sinon, d'ores et déjà, on aurait à l'école, pour syllaber, ee--->[i]  et  i --->[e], et tout le reste. Le oo--->[ou] caracolant en tête de hit parade.
A--->[è] ; les ecztasiés des " rave-party " se dénomment " raveurs "(prononcé comme " rêveur "). Gageons que d'ici quelques lustres, on dira que les deux orthographes ont été choisies pour éviter l'homonymie.
Il faut que tous les auteurs à succès se remettent à la tâche. Le mal est pire qu'ils le supposaient. Les réactionnaires doivent se mobiliser avec nous pour sauver les phonogrammes du bon français.

Nous allons même leur proposer mieux : d'intervenir directement dans la didactique, autrement que par des imprécations et des contresens techniques où ils se ridiculisent. Et d'user de leur influence " légitime " pour nous aider à moderniser le b,a,ba.
Il suffit d'adopter la méthode " alfonic " d'apprentissage de la lecture en veillant scrupuleusement sur la déontologie qu'elle s'est elle-même donnée.
La méthode alfonic ou la "graphonie " de Thimonnier dont les finalités véhiculaires et disciplinaire sont différentes, mais ce n'est pas la question pour l'instant.
Le principe est d'apprendre à lire et à écrire au moyen d'un code phonologique intermédiaire, mais en respectant rigoureusement la discipline républicaine véhiculaire au moyen d'une consigne claire : la classe, lieu d'apprentissage et de réflexion, ne communique avec l'extérieur qu'en orthographe. Le code intermédiaire est provisoire, sursignalisé comme tel. Ce n'est qu'un outil d'analyse de l'oral et de l'écrit qu'on étudie.
On peut répondre aisément aux deux objections pédagogiques:
-la mémorisation des signes intermédiaires est un surcout d'apprentissage,
-ces signes peuvent conduire à des fautes d'orthographe
Réponse 1(à l'usage des bons) : aucune méthode n'empêche un bon élève d'apprendre à lire. Celui-ci, en outre, devra un jour ou l'autre se familiariser avec les signes d'une analyse phonétique (qui apparaissent désormais partout et se généralisent dans les dictionnaires)
Réponse 2(à l'usage de mauvais) : ce qui les caractérise justement, ces révoltés, c'est leur capacité à se donner un système personnel de transcription phonétique, bricolé, parasité de lettres muettes au petit bonheur et entrelardé d'épaves de mots globaux. S'ils se mettaient à taguer en alfonic, on voit mal le tort supplémentaire qu'ils se feraient.
L'alfonic (ou la graphonie), c'est le b,a,ba dans l'ordre et la loi. Avec ces méthodes, tout le monde ( enfants, parents, enseignants), est placé bon gré mal gré au centre des questions du langage, entre un oral toujours plus ou moins vernaculaire, dans tous les milieux, et la langue nationale véhiculaire pour aujourd'hui, pour hier et pour demain. Ces méthodes révéleront à tous, y compris aux maitres, ce qui converge et ce qui diverge dans les pratiques orales. Elles sont objectives et neutres au départ. Ce sont les instructions officielles qui diront s'il. faut s'adapter souplement ou corriger vigoureusement, s'accommoder des " mauvaises prononciations" ou " orthophonier " tous azimuts ( mais alors, jusqu'au ministère), sous la houlette d'une écriture stabilisée selon le voeux de Thimonnier.
L'orthographe reste immuable et sacrée.
Ou bien elle est réformée par la loi.
Le pari politique (jouons franc-jeu) est que les réformes deviendront vite plus populaires si l'orthophonie véhiculaire persécute les " intellectuels parisiens "
" Tous ensemble, oui, ... ou personne ! "

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