L'apostrophe et le trait d'union rafistolent les mots écrits
malmenés par la parole.
-L'apostrophe indique qu'une lettre a disparu. ( Elle s'est envolée,
il ne reste que sa trace.)
-Le trait d'union attache ensemble ce qui tend à faire
bloc. ( Il sert beaucoup dans les mots composés, avant
leur éventuelle soudure finale.) C'est " L'usage "
qui décide des soins appropriés. C'est à
dire le " bon usage ". C'est à dire le "
sentiment de la langue " de ceux qui décident. On
le voit clairement à l'oeuvre ici. Mais on voit très
bien aussi avec " cerise " qu'on ne peut pas aller n'importe
où.
En tout cas, légitime ou illégitime, l'utilisation
des deux outils est intelligible. Dans un usage familier, rien
n'interdit d'en user avec pertinence. Et qui sait si cet usage
familier ne sera pas un jour légitime ?
Ainsi, " i' joue ", à priori, est plus proche
d'une bonne règle d'écriture que " y joue "
si souvent adopté.
Et le trait d'union dans les noms composés rend légitime
un s et un seul de pluriel à la fin. (Comme la réforme
de 90 l'a décidé pour ceux composés d'un
verbe et d'un nom ou d'une préposition et d'un nom . ex
:
des abat-jours, des sans-abris) .