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on = nous

Partout, dans tous les milieux, dans toutes les conversations courantes et pas seulement familières,
" on " remplace le " nous " officiel.
Cela a forcément des conséquences quand " on passe à l'écrit "

La première est inconsciente et travaille tout le monde, mais fait trébucher constamment ceux qui n'ont pas assez appris : ils " sentent " un pluriel, donc ils essaient de le placer ... quelque part.
ex (authentique) et en authentique " bon français " (comme le prouvera la suite)
" Chantal et moi, on étaient morte de rire. "
"Morte " est un excellent accord ressenti par une excellente francophone (...de celles (et ceux) qui font vivre la langue au plus profond du peuple ... etc, etc )... Et qui va en prendre plein la tronche parce qu'elle aura oublié le s du pluriel.
Car ce pluriel, pardi ! elle l'a déjà mis ... quelque part. Elle est très scolairement consciente (puisque sollicitée d'écrire. Quand on écrit, faut ce qu'il faut!) qu'il convient de le manifester : c'est donc le verbe qu'elle accorde, consciencieusement : " Chantal et moi " >>> pluriel nt ( Les enfants souvent le mettent à on ; le ont leur tendant les bras)

Or, les journalistes du Monde vivent les mêmes affres d'incertitude :
" D'accord, on s'est accrochés sur la carte scolaire, reconnait Ségolaine Royal, mais c'est ensemble qu'on est allés voir Lionel Jospin. "(Le Monde , jeudi 16 mars 2000)
Prudemment, ils ont mis des guillemets à ces propos de Ségolaine Royal, qui marquait alors Claude Allègre à la culotte. Les guillemets sont éventuellement un peu malicieux : la vice-ministre de l'Education nationale se pense avec son ministre sous la forme " on " familière. Il n'en demeure pas moins, pour nos affaires, que cette 1ère pers. du pl. populaire a été adoptée par le " Parisien cultivé " en tant que " bon usage familier ". Dont acte chez les journalistes du Monde ; quoiqu' avec des pincettes.
Nous attendons avec impatience des citations de Jacque Lang.

N'empêche, même au Monde, on n'y peut pas couper, à l'évolution de la langue : ou bien on cite vraiment, et des accords grammaticaux s'imposent (pas moins que pour Chantal et sa copine) ; ou bien il faut transposer les propos réels dans un français fictif. Ca ne se fait plus, même au Monde.

La question n'est pas ici de discuter la valeur de cette évolution, ni sa signification linguistique, nonobstant la nécessité de maintenir immuable un français normé, véhiculaire et disciplinaire. Nous constatons la situation réelle et ses conséquences inéluctables.
Après, les enseignants prennent leurs décisions professionnelles ..
. Les citoyens aussi.

La conjugaison du français dans le parler quotidien est :

j (variante phonétique ch)
t(u) et vous poli
i(l) è(l)
on (variante distinguée nous )
vous
i(z) è(z)

véhiculaire disciplinaire

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