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phon' aime !
graf- haine ?

Quelques mots " savants " indispensables ;
au moins trois :
phonème ,  graphème ,         phonogramme

notions fondamentales

Les phonèmes sont en quelque sorte les atomes de la langue parlée ( le nom le dit : phon ---phonique, téléphone).
Les graphèmes, comme leur nom l'indique aussi, sont les atomes de la langue quand elle est écrite. On les fabrique, dans les écritures " alphabétiques " , avec les lettres de l'alphabet .
Les phonogrammes sont un sous-ensemble des graphèmes, ceux qui représentent les phonèmes (ex. a, i, ou, u, ...). Leur vue évoque immédiatement un " son "
Car il y a des graphèmes qui sont " muets " et produisent pourtant du sens. - Par ex. le e du féminin dans jolie - Le nt de la 3e p. du pl. dans ils chantent - Le t de cout qui suffit à distinguer ce mot de coup et cou ; pour faire ce travail, il profite d'appartenir à la famille " couter ", dont il a gardé le t comme " air de famille ", un t qui ne s'entend pas mais permet ici de distinguer des homonymes.

...Nous profitons, nous, de cet exemple bien choisi pour embrayer tout de suite sur la réforme de l'orthographe de 1990. Dans cette réforme " modérée ", l'accent circonflexe sur i et u n'est essentiellement maintenu que quand il y a risque d'ambigüité, ce qui n'est pas le cas ici (t suffit). A priori, l'orthographe doit essayer d'être fonctionnelle et aussi simple que possible. C'est du moins une opinion respectable qui peut circuler sur internet.

Mais autant le dire tout de suite, même fondée sur ce principe, il n'y a pas de miracle à espérer. Nous avons pris des exemples commodes pour séparer les ensembles de graphèmes : la réalité et les théorisations savantes qu'on en fait sont bien plus compliquées.
Le Petit Robert dit du phonogramme : " Signe graphique représentant un son (opposé à idéogramme) ". Mais de l'idéogramme : " Signe graphique minimal qui, dans certaines formes d'écriture, constitue un morphème, un mot ou une notion (opposé à phonogramme).=> logogramme. L'écriture à idéogrammes du chinois. " ...Et tout se complique, car l'écriture du français n'est pas du chinois. Si idéogrammes il y a, les nôtres s'écrivent aussi avec des lettres.

Ce n'est pas du chinois, mais ça peut être pire : Si le " polysystème " de phonogrammes et d'idéogrammes alphabétiques enchevêtrés, devient vraiment trop compliqué. Si les lettres ne savent plus sur quel pied danser.
On n'évitera pas de devoir parler de tout ça. Pour comprendre. Pour ne pas mourir idiot en orthographe. Pour se débrouiller au mieux avec le système tel qu'il est .
Et pour répondre aux objections raisonnables sur la démarche qui est ici proposée

D'abord l'oreille, ensuite les règles d'écriture.

Si cette démarche est acceptée, il faut se préoccuper d'abord des phonèmes (disons des sons, en première approximation). Ils sont représentés dans les dictionnaires (et même depuis peu dans des publicités, preuve que le besoin s'en fait sentir dans l'ambiance de mondialisation) entre crochets. Nous le ferons aussi, mais en utilisant des " phonogrammes "du français au lieu des signes de l'alphabet phonétique international (API).
Ce n'est pas innocemment et pour ne pas effaroucher .
Par exemple, le Petit Robert explique comment on doit prononcer un nouveau mot pratiqué par les francophones :
"crooner [ k R u n oe R ] Chanteur de charme ".
Nous écrirons, nous, banalement et tout aussi " phonétiquement " : [c r ou n eu r ] . Chacun comprend où nous voulons en venir. Nous aussi nous résistons aux anglicismes. Mais dans l'esprit républicain français : avec droit du sol, mais refus de l'ethnicisation.
Les mots immigrés, nous les adoptons joyeusement ; mais " citoyens en France ". Nous ne voulons pas vivre d'ici dix ans dans l'orthographe américaine.

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